Pompe à chaleur split ou monobloc, comment faire la différence ?

La terminologie pompe à chaleur recouvre de nombreux systèmes. Parmi les modèles air/eau, il est possible d’en distinguer deux grands types : split ou monobloc. Tous deux répondent aux mêmes besoins de l’utilisateur final mais diffèrent par leur mise en œuvre et leur positionnement réglementaire.

Liaison hydraulique

Dans la PAC monobloc, tout le circuit frigorifique (évaporateur, condenseur, compresseur et détendeur) est regroupé dans le groupe extérieur, hermétiquement scellé en usine. Cette unité extérieure est reliée au circuit de chauffage de la maison par une canalisation hydraulique. Lors de la mise en œuvre, l’installateur n’a donc pas à manipuler le fluide frigorigène. Il n’a pas besoin de justifier d’une attestation de capacité, sauf pour la mise en service des PAC contenant plus de 2 kg de fluide (soit une puissance globalement supérieure à 10 kW) .

Liaison frigorifique

Dans la PAC split, le condenseur (qui est l’échangeur qui va céder sa chaleur au réseau de chauffage) n’est pas placé dans le groupe extérieur mais dans un module intérieur. Le circuit frigorifique n’est plus hermétiquement scellé en usine mais réparti entre ces deux unités qui doivent être reliées par une liaison frigorifique, c’est-à-dire une canalisation dans laquelle circule le fluide frigorigène. Le professionnel doit donc disposer d’une attestation de capacité pour réaliser et mettre en service l’installation.

Deux types de PAC monobloc

Pour compliquer un peu les choses, il est possible de distinguer deux types de PAC monobloc. Les modèles d’entrée de gamme Viessmann intègrent, en plus du circuit frigorifique, certains composants comme la régulation dans le groupe extérieur. Il s’agit de la solution la plus économique car on s’exonère alors d’unité intérieure. La PAC est moins chère à l’achat mais nécessite l’installation de certains éléments complémentaires sur le circuit hydraulique, renchérissant par contre légèrement le coût des travaux.
Quand on monte en gamme, tous les composants nécessaires au fonctionnement de la PAC (circulateur, vase d'expansion, vanne de priorité sanitaire, appoints électrique, régulation…) sont réunis dans une unité intérieure. L’installation est plus simple car tous les équipement sont déjà prévus.

Monobloc en rénovation

Sur dix pompes à chaleur air/eau aujourd’hui vendues en France, neuf sont des splits. Mais la réglementation sur les fluides frigorigènes, qui instaure une diminution progressive des gaz fluorés (R410A en tête), devrait rapidement faire bouger les lignes. Parmi les fluides de substitution au plus faible potentiel de réchauffement global (PRG) qui émergent aujourd’hui sur le marché, le R32 présente de nombreux atouts, avec une performance énergétique légèrement supérieure et la capacité d’atteindre une température d’entrée d’eau jusqu’à 60°C. Mais ce fluide a aussi pour défaut d’être faiblement inflammable. La réglementation impose pour les PAC splits (caractérisées par une circulation de fluide frigorigène dans la maison), quand elles contiennent plus de 2 kg de R32, des contraintes tellement importantes qu'elles ne peuvent plus être prescrites. Cela concerne les modèles supérieurs à 10 kW et donc principalement la rénovation où les besoins de puissance sont généralement plus importants que dans le neuf. A l’avenir, on devrait donc logiquement observer un rééquilibrage du marché vers une part plus importante de systèmes monoblocs.
A plus lointaine échéance, l’utilisation d’autres fluides frigorigènes tels que le R290 (propane), au PRG encore bien plus faible, pourrait même faire basculer le marché vers le tout monobloc. Le propane étant très inflammable et son poids ne devant pas dépasser 150 g dans la maison, le marché s’orienterait alors vers des PAC avec une liaison hydraulique.